L'âme de la médecine ou Fake Médecine

Hello les Amoureuses, les Amoureux,


Avec la nouvelle lune, de nouvelles énergies... Je voulais écrire sur ces changements subtils qui agissent et voilà l'affaire Doctolib arrive renforçant le hashtag #FakeMedecine. Dans la foulée du Covid, le débat millénaire sur la médecine continue. Qu'est-ce que soigner ? guérir ? Qu'est-ce qu'être un médecin ? Qui est apte à pratiquer la médecine ? De quelle médecine parle-t-on ? Le déferlement des réseaux sociaux à son habitude, aveugle et cristallise les affirmations aussi rapides que caricaturales.


Ce débat arrive au moment où je relis l'histoire de la médecine pour nourrir la formation des "onze systèmes de guérison." J'ai retrouvé Michel Foucault (je connaissais l'auteur avec Surveiller et Punir ou l'Archéologie du savoir) sous un nouveau jour, celui de la naissance de la clinique, livre qui évoque l'évolution du regard médical et les traités des médecines datant d'avant le XVIIIème siècle. A cette période, la médecine évolue vers une médecine des épidémies et une médecine normative. En filigrane, la question de l'expertise et la confiance se pose et continue d'alimenter les jugements.




Fausse Médecine, un phénomène structurel

“Presque tous les hommes meurent de leurs remèdes, et non pas de leurs maladies.” Molière, Le Malade imaginaire

Avec l'affirmation de la médecine et ses nombreuses découvertes aux XVIIIème et XIXème siècles, le médecin est "devenu" une référence, un sage et surtout un expert. De tout temps, celui qui détient les secrets de la guérison exerce une aura sur la communauté, lui qui est capable de proposer des remèdes aux maux incompris et dangereux menant à la mort. Dans les sociétés dites primitives, la médecine est considérée comme une croyance à des mythes, des rites ou aux vertus des plantes. Les anciens médecins s'appelaient Marabout, Chamane, Tahu'a, Gourou, Pythie, Exorciste...


Avec la médecine moderne axée sur la preuve, la connaissance, les faits scientifiques et plus récemment, des technologies de pointe, la pratique médicale a changé. Les anciens médecins sont devenus des charlatans. Les nouveaux médecins occidentaux ont évolué vers une pratique d'observation, diagnostic et suivi des maux physiques du corps s'isolant peu à peu des éléments contextuels de la maladie (famille, nutrition, travail). Ils sont également de plus en plus soumis à l'obligation de résultats et la charge administrative de la prise en charge. Avec le Covid, la médecine douce et les propositions alternatives sont devenues dangereuses, sectaires ou inutiles... La fin du remboursement de l'homéopathie en 2021 en est un effet direct / indirect.


En pleine crise du Covid, plusieurs articles ont dénoncé les pratiques de méditation, la pleine conscience, les jeûnes thérapeutiques et ciblé un certain nombre de personnalités ayant partagé une voie alternative de la santé. Sont reprochés le manque de légitimité ou l'absence de diplôme, les propos incohérents, les conseils donnés qui sont classés de dangereux pour la santé. Cette crise de l'information et la connaissance fait "danser la médecine sur deux pieds" (Mao Zedong) opposant médecine traditionnelle et énergétique avec la médecine scientifique conventionnelle et conventionnée.



Qui veut la peau de Roger Rabbit ?

Dans ce contexte, ma première question est toujours... Pourquoi ce débat ? La source de nouveau hashtag est la suspension de 17 profils de "docteurs" référencés sur Doctolib. Le site est accusé de proposer des naturopathes, iridologues (médecine par l'iris) ou des médium-guérisseurs. Les utilisateurs dénoncent une publicité mensongère, le site étant censé donner accès à des praticiens référencés par le Ministère de la santé. Quelle est la question de fonds ? Est-ce le fait de proposer un médecin non reconnu par les autorités, un médecin non conventionné donc non remboursé ou un médecin incompétent dont il faudrait se méfier ? Qui veut tuer la peau du médecin, celui qui fait son travail selon son expertise et avec éthique ?




Je suis étonnée du débat, c'est bien connu... Les médecins alternatifs - dont je fais partie et j'assume délibérément le terme pour cet article - fonctionnent par le bouche à oreille. Je pratique une médecine symbolique, émotionnelle peut être est-elle énergétique, je l'ignore. Etant une "Docteure" diplômée d'un Doctorat, j'aime la preuve. Je vois bien les effets de mes soins sur les personnes. De manière scientifique, je me contente d'affirmer que j'apporte un bien être, des questions, des pistes d'analyse. Je suis la première à recommander d'aller voir les médecins "chimiques" quand une maladie ronge tout comme je suis la première à chercher les causes traumatiques liées aux émotions, la vie de famille, la nutrition, etc. bien souvent mises de côté dans le feu de la maladie. Et parfois, l'irrationnel s'invite. Il s'exprime à travers les imaginaires, les références sociales, les croyances... Ce qui me ramène au mythe du médecin ou son rôle... Est-il seulement limité à une prescription de médicaments, d'actes médicaux et de résultats quantifiables ?


L’effet placebo est l’expression inévitable des facteurs psychologiques dans l’activité médicale. Donner une définition satisfaisante de cet effet n’est pas chose aisée. Certains la considèrent comme impossible. L’effet placebo est un effet conforme à l’attente d’un malade, mais qui n’est pas dû au produit ou à l’acte qu’on estime convenir à la réduction de sa pathologie. Il résulte d’événements présents dans le vaste champ de la relation médicale, dans son théâtre." Jacques Corraze dans Le déclin de la médecine humaniste

Tuer la médecine, le vrai défi de l'information

Cette discussion #FakeMedecine veut attiser la colère, les jugements et créer des fossés favorisant l'ignorance, les réponses rapides et l'incompréhension entre groupes de personnes. Au cœur des débats se pose la question de la croyance versus la connaissance. Voici quelques affirmations qui résument ces enjeux :

  • Un bon dentiste ne peut recommander un ostéopathe ou même un médium qui travaille sur les mémoires des dents en complément du soin dentaire qu'il a prodigué ;

  • l'errance médicale est un phénomène méconnu voire inexistant et la médecine classique a toutes les réponses à tous les maux ;

  • la pratique ancestrale de l'acuponcture ou des soins énergétiques relève de la manipulation des patients

A l'heure où le système médical souffre par manque de moyens, manque de temps, remise en cause perpétuelle de son expertise, des solutions vont devoir émerger pour mieux soigner une population qui grossit, mange mal, bouge peu, manque de sommeil ou déprime, en plus de souffrir des effets des changements climatiques. La baguette magique peut-elle être technologique ou contraire, relationnelle ? Plus nous parlons de virtualité, rapidité et identité digitale, plus nous parlons de pleine conscience, ralentissement et égo déconstruit. La virtualisation de nos échanges condamne la médecine dans son art de guérir le corps au profit d'une "vraie médecine"... Laquelle exactement ? Celle qui renie l'existence des médecines et des médecins, l'écriture inclusive illustrant toute la subtilité de mon propos.


Il n'y a ni faux médecin ni vraie médecine, mais plutôt des personnes dotées de connaissances qui exercent dans leur âme et conscience au mieux de leurs compétences pour apporter un peu de bien, de soin, de libération des souffrances aux différents maux que notre société veut guérir... au lieu de les prévenir.


“La maladie du corps est la guérison de l'âme." Proverbe basque.

A bon entendeur, prenez soin de votre fausse médecine.


#FakeMedecine #Médium #Médecinealternative #Soinsénergétiques

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