Rugby

Rugby ? Mais que vient faire le rugby, ce sport violent, au sein d'une démarche spirituelle ? Fan de rugby depuis l'enfance, ce sport est un combat, une stratégie, un effort d'équipe... Et une magnifique allégorie au développement personnel.

Force ovale

Ovale, vous avez dit ovale ?

Sacré, le ballon ovale est le symbole du rugby. Il est un espoir pour de nombreux jeunes qui le pratiquent et qui rêvent de jouer les plus grands matches. Il est pratique à porter comme le raconte l’histoire de sa forme. William Gilbert, un cordonnier de Rugby School, change son apparence ronde en ovale en ajoutant quatre bandes de cuir. Avec cette modification, le ballon devient plus facile à transporter. Touche supplémentaire, les rebonds aléatoires favorisent le jeu dans les mains par rapport à celui au sol. En 1892, les dimensions de l’ovale deviennent officielles et l’idée du fabricant change l’histoire du sport… Au point de fonder une autre expression symbole, l’Ovalie.

 

L’Ovalie est un terme désignant le monde du ballon ovale, c’est-à-dire le rugby à tendance française voire France du Sud. Il est coutume d’assimiler l’Ovalie aux territoires du Midi de la France et du Sud-Ouest français où se trouvent la majorité des clubs français. L’Ovalie pourrait qualifier « l’esprit du rugby » en tant que sport de combat, sport stratégique et sport d’équipe. Le rugby véhicule également des valeurs d’humilité, de solidarité, de respect, d’intégrité et de passion. C’est un sport engageant à la fois une prouesse technique, une promesse de défi et bien souvent, un suspens qui fait retenir son souffle jusqu’à la dernière seconde du jeu. Mais ce n’est pas tout…

Le rugby est le sport de l’ovale et par extension, de l’ovoïde.

 

D’un point de vue symbolique et ésotérique, l’ovale représente la féminité ou l’œil qui regarde, ce qui est amusant quand on parle de rugby… Ce sport « de voyous pratiqués par des gentlemen » dont le physique incarne le masculin viril et rarement, le masculin élancé, joue avec une forme féminine ! L’ovale est voisine de l’œuf, qui dans le monde des énergies, est le tout, le commencement et la fin. Cette figure sacrée en architecture élève et transporte avec la pureté de ses lignes. L’ovale est aussi une forme où les polarités peuvent facilement s’inverser. En Egypte, l’ovale est le Feu et l’Eau et en Chine, elle est la Terre. Bref, le ballon ovale porte de nombreux messages sacrés à partager en tant que sport magnifique pratiqué par des dieux !

Dieux du stade

Le Stade français est connu pour publier un calendrier annuel nommé « Les Dieux du stade » et inspiré du calendrier Pirelli. Depuis 2001, cette méthode sexy (ou racoleuse ?) a popularisé les visages (et les corps) des rugbymen. Pourtant, n’est-ce pas la performance qui avive le cœur des supporters ? L’incroyable effort physique, l’esprit d’équipe, le geste technique, le suspense parfois insoutenable participe à la carrure d’une équipe et à celle de ses joueurs. Les grands noms de l’histoire du rugby font partis des légendes de ce sport et tous dégagent cette énergie magique et enivrante. Aujourd’hui, les rugbymen détiennent une aura et déchaînent le public venu les soutenir à l’image de leurs cousins footballeurs et des médaillés olympiques français.

Bref, si les joueurs de rugby sont les « Dieux du stade », ce serait en tant que descendants des gladiateurs ou des héros mythiques doués de force, de stratégie, de vision comme Achille, Ulysse, Hercule ou version divinités gauloises, Toutatis, Bélénos, Grannos… Les joueurs, en particulier le XV de France, l’équipe nationale française, détiennent un statut particulier et sont des figures connues et respectées. Ces athlètes font partie de la ligue des porteurs des valeurs de la Nation, ils créent une union et une communion le temps d’un match, d’un tournoi ou d’un championnat. Ces rencontres sont de véritables odes aux vertus du sport collectif, à l’esprit de compétition et bien évidemment, au succès. Mais d’où vient cette force et cette puissance que les Dieux de l’Ovalie inspirent ?

Au fil de l'histoire

Rappelons l’histoire du rugby en quelques lignes. Issu de la soule pratiquée en France au Moyen-Âge, le rugby ancestral était un jeu de ballon auquel les voisins européens s’adonnaient. Les Gallois jouaient au Knappan, les Irlandais aimaient le Hurling et le Calcio enchantait les Italiens. Le sport du ballon ovale serait quant à lui né à Rugby, ville située en Angleterre. La légende raconte qu’au cours d’un match de football, William Webb Ellis porte le ballon dans ses bras et fonde le sport. A l’époque, le football est nom générique, ce sport de balle se jouait au pied ou à la main sans distinction réelle. Sans surprise, l’école de Rugby School préférait le football à la main.

Le mot de Rugby quant à lui nous dévoile bien d’autres attributs du sport.

 

L’étymologie du nom de la ville vient de « Hrōca burh » qui signifie un camp fortifié, ce qui rappelle les liens entre ce sport et la stratégie militaire. D’autres considèrent que le jeu tire son nom de « rugged » qui se traduirait par rugueux, clin d’œil à l’aspect brut du rugby. Le dictionnaire d’Oxford propose également les traductions de « homme ayant un fort attrait ou pouvoir de séduction », « une personne décidée à réussir » ou « quelque chose ayant la capacité à s’adapter à des situations difficiles... » Des significations qui traduisent bel et bien, l’esprit du rugby.

Le rugby se codifie au cours du XIXème siècle et la première fédération de rugby nait en Angleterre en 1871. Avec cette officialisation, le premier affrontement entre l’Ecosse et l’Angleterre se déroule la même année à Edimbourg. L’Irlande et le Pays de Galles rejoignent ces prémisses de tournois internationaux entre 1875 et 1882, date à laquelle l’événement devient « Home Nations. » L’influence britannique diffuse le sport en Nouvelle Zélande, Afrique du Sud et Australie. Les premiers matchs de l’Hémisphère Sud sont joués en 1882 entre l’Australie et la Nouvelle Zélande. En 1900, le rugby est inscrit au programme des Jeux olympiques par Pierre de Coubertin et la France rejoint le Home Nations en 1910 qui devient le Tournoi des Cinq nations. A partir de la fin des années 1930, les événements internationaux perturbent le sport qui conduit la France à se rapprocher de l’Italie et de la Roumanie pendant la seconde guerre mondiale.

L’après-guerre permet au sport de retrouver ses tournois et la France réintègre les Cinq Nations en 1947. Les années 80 voient le rugby féminin se développer, la première édition mondiale se déroule à Cardiff en 1991. Les années 80 sont également synonymes d’exclusion de l’Afrique du Sud sous régime de l’Apartheid. En 1995, le nation arc-en-ciel retrouve le tournoi, accueille les équipes et remporte la Coupe du Monde régénérant l’élan de tout un pays porté par Nelson Mandela. Côté Europe, l’Italie rejoint la compétition principale de l’Hémisphère Nord en 2000 et le championnat devient le Tournoi des Six nations, la professionnalisation du sport se confirme.

Depuis 1995, les nations de l’Hémisphère Sud se sont réunies pour vendre les droits de diffusion télévisuelle du Tri-Nations, rencontre entre l’Afrique du Sud, l’Australie et la Nouvelle Zélande.

 

Après cette date, le rugby devient de plus en plus diffusé et populaire. En 1999, la demi-finale mythique entre la France et la Nouvelle Zélande est suivie par 6,3 millions de téléspectateurs et celle de 2007, par 15,4 millions… La passion pour le rugby progresse ainsi que le poids du sport pour l’économie. En France, le rugby génère 1,252 milliards d’euros et emploie plus de 4 000 personnes en 2020. Les rugbymen sont désormais des figures sportives populaires rejoignant les footballeurs et les médaillés olympiques les plus célèbres.

Serge Blanco, Jean-Pierre Rives, Jonah Lomu, Johnny Wilkinson, Bryan O’Dristoll, Israel Folau, Dan Carter… Ces noms sont mythiques pour les adeptes du rugby. Ces joueurs ont marqué l’histoire du sport de l’ovale. Tous dégagent ce pouvoir, ce talent, cette force indescriptible. Sur le terrain, c’est toute une équipe qui ferraille et délivre l’ivresse du match. Talonneur, demi de mêlée, ouvreur, arrière… Chaque numéro porte le visage d’un joueur passionné, entrainé, engagé par ce sport exigeant et puissant.

Mêlée

Rugby sacré

Quelle sacralité peut nous enseigner le rugby ? Le rapport au corps, le jeu en équipe, le talent de l'individu, l'humilité face au risque de la blessure, le rapport au public et à la visibilité, le rebond imprévisible du ballon, la lexicographie dense et illustrée du sport... Bref, le rugby a beaucoup à nous apprendre sur le sacré, la spiritualité, les valeurs qui animent l'être, l'âme, le corps. On dit souvent du rugby qu'il est une religion... Il est une flamme, un feu, une passion qui nourrit l'énergie vitale.

Le rapport au Mana, pneuma, Qi...

Le Mana est connu au rugby à travers les All Blacks qui présentent un Haka, véritable démonstration de leur puissance. La démarche des joueurs était à la fois identitaire affirmant une culture aux yeux des Anglais et à la fois, un rituel guerrier développant l’esprit d’équipe, la puissance et le Mana, l’énergie vitale māorie


Ce flot d’énergie porte différents noms comme le QI / Ch’i (Chine / Japon), les cinq souffles de  apāna, prāna, samāna, vyāna  et udāna (Inde), le nyiama (Dogon), le önd (mythologie nordique), le tonalli (Mexique),  le newen (Mapuche), le hijmor  (Mongol), le ruh (le souffle de vie insufflé à Adam dans le Coran), la racine spiritus (Ancien testament, Bible)... En Gaule, cette énergie vitale était nommée « Pneuma » dont l’équivalent populaire serait la potion d’Astérix. Le Pneuma serait la médecine des Druides, le chamanisme gaulois et celte qui utilisait les symboles, les plantes, les soins traditionnels. Souffle ou esprit aérien, le Pneuma était à l’origine de la vie mais aussi des maladies pour les médecins de l’Antiquité. Dans la même tradition, le Mana correspond au chamanisme polynésien. 

Cinq natures de la performance au rugby

Le rugby s'appuie sur cette énergie vitale pour faire rayonner ses pratiquants et rayonner en lui-même. Autour du Mana, principe polynésien évoquant l’énergie vitale, et des séances de coaching, j’ai observé cinq piliers essentiels :

  1. La nature ou le lien avec sa nature instinctive ;

  2. Le corps ou le lien avec son corps, ses organes, ses muscles ;

  3. L’alimentation ou le lien avec ce qui nourrit les corps ;

  4. L’esprit ou le lien avec ce qui guide l’intuition, l’analyse, la stratégie ;

  5. L’expertise ou le lien avec la passion qui développe la connaissance.

Je suis convaincue que ces liens favorisent le développement de sa force intérieure, l’utilisation de la loi d’attraction, l’exécution de la puissance extérieure. Ces éléments forment la mutli-performance au rugby. La transposition de ces principes au rugby permet d’appliquer cinq principes de progression pour augmenter, maintenir, solidifier la performance de haut niveau.

  1. Performance nature physique

Elle est le résultat de la nature instinctive du corps qui s’est entraîné, qui répète des gestes, qui connait l’endurance.

2. Performance corps mental

Elle est l’aptitude du corps à développer la force mentale et la solidité psychologique.
 

3. Performance aliment émotionnel

Elle est la capacité à transformer les émotions pour nourrir le corps, la performance mentale, le combat d’équipe.

4. Performance esprit énergétique

Elle est la compréhension invisible du jeu, la compétence symbolique qui permet de gagner par la seule présence, l’attitude, les gestes.

5. Performance expertise invisible

Elle est le ciment de la solidarité, la confiance, la communication qui forgent une expertise d’équipe pour fluidifier, se comprendre, agir d’une même lecture par les voies la connaissance de soi et des autres partenaires.

Cette approche de la multi-performance est symbolique, invisible et inconsciente. Elle est destinée à renforcer la force magnétique de l’équipe et de l’individu.
 

La multi-récupération au rugby

Les exigences de performance au rugby, le rythme des rencontres, l’évolution du sport renforcent les besoins de gérer le corps et les corps des joueurs. 


Récupération du corps énergétique
Le corps énergétique qualifie ce que nous dégageons, l’ensemble des informations que nous émanons. Il est un corps « holistique » regroupant le corps physique, le corps alchimique (hormones par exemple), le corps émotionnel et le corps psychique. 
Dans la pratique intensive de sport de haut niveau, il est le plus invisible et pour autant, le plus actif. Assure la récupération immédiate du corps revient à un réalignement rapide par des gestes, des mots et une concentration de la pensée (focus) aussi efficace que bref.


Récupération physique
La récupération physique est un processus déjà bien établi dans le monde du sport (soin des blessures, massage, prise de médicaments, assouplissements, repos...) Elle peut se combiner à la pratique du soin énergétique.


Récupération des chocs
Les chocs physiques sont fréquents au rugby. Ils entrainent des commotions, des bleus, des hématomes, des blessures plus ou moins apparents. Ils ont également des conséquences sur les perceptions conscientes et inconscientes de l’impact. La récupération énergétique aide à libérer les effets de « ces traumas » qu’ils soient physiques, mentaux, inconscients..

 

Récupération émotionnelle
Pression, tension, adrénaline, erreur, combat, déception, fatigue, exposition médiatique, compétition, critiques... Les expériences du sport du haut niveau accompagnent une gestion émotionnelle complémentaire aux techniques de coaching mental. 


Récupération invisible
Le coaching intuitif participe à la démarche de la récupération post-compétition. Il agit sur les facteurs physiques, mentaux et énergétiques du corps accélérant la reprise. Cette technique développe un repos durable et efficace.

Cette association multi-performance et multi-récupération permet d'allier les corps physiques, mentaux, émotionnels et énergétiques. Cette approche nourrit fondamentalement la médecine intuitive. Retrouvez dans cette rubrique, une interprétation des postes, des règles, des actions de ce sport magnifique.

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